mardi 29 décembre 2015

Hollande : de déchéance en déchéance

Editorial des bulletins d'entreprise du 28/12/2015
 
   Le Pen en avait rêvé, Sarkozy l’avait promise, eh bien Hollande l’a fait ! En décidant d’inscrire la déchéance de la nationalité pour les binationaux nés en France coupables d’actes de terrorisme dans la constitution, comme il s’y était engagé lors de la réunion du congrès à Versailles, Hollande fait, en cette fin d’année, un calcul bassement politicien.
  
   Cette mesure, marquée à droite, a toujours été dénoncée par la gauche comme une violation du droit du sol et du principe d'égalité. Elle crée des Français de seconde catégorie, ceux nés en France mais qui ont une seconde nationalité de par leurs origines qui auraient à « mériter » d’être Français, quand les Français « de souche » n’ont eu qu’à se donner le mal de naître ici. Elle jette la suspicion vis-à-vis des immigrés en entretenant l’amalgame entre eux et les terroristes.
   Tout le monde en convient : la déchéance de la nationalité ne dissuadera aucun terroriste. Elle est, sur le plan sécuritaire, complètement inefficace. Et Hollande lui-même le dit, c’est un « symbole ».
    Ce serait, d’après Hollande « le symbole de l’unité nationale » puisqu’un gouvernement dit de gauche reprendrait à son compte une mesure de droite. Hollande donne un coup de pied de l'âne à Sarkozy qui avait brandi la déchéance de la nationalité en 2010 sans jamais la mettre en place, mais il parle « d’unité nationale » ! C’est tout l’art de politiciens tels que Hollande que de transformer une mesure et une  manœuvre politicienne en vertu politique.
 
   Hollande cherche à se poser en père de la nation, en chef de l’Etat, au-dessus des partis et loin des querelles partisanes. Pour couper l’herbe sous les pieds de la droite et de l’extrême droite, il exploite au maximum la peur du terrorisme et le filon sécuritaire. Lui qui demandait, il y a peu, d'être jugé sur ses résultats en matière de chômage, a trouvé un fonds de commerce électoral jugé plus rentable pour 2017.

lundi 28 décembre 2015

Les combats pour l’émancipation des femmes et le mouvement ouvrier


Grève des ouvrières de l'usine d'Herstal en Belgique en 1966

Conférence du Cercle Léon Trotsky
Vendredi 8 janvier

20H30 Grande salle de la Mutualité

24, rue Saint-Victor, Paris 5e
Métro Maubert-Mutualité

Participation aux frais : 3 euros



jeudi 24 décembre 2015

SNCF : Un mauvais coup contre les usagers

   La SNCF supprime les fiches papier des horaires de TGV. Elle fait des économies. Elles ne sont pas forcément énormes, mais cela va se traduire par une gêne, conséquente elle, pour les usagers.

   La SNCF dit qu’elle a mis tous ses horaires en « open-data ». Mais une personne sur trois n’a pas de smartphone et une sur quatre n’a pas Internet chez elle. Et puis bien des autres ne peuvent se passer d’horaires sur papier. Comment feront ces usagers ?

    Ce n’est pas le souci de la SNCF. Ni de l’État, qui laisse se dégrader les services publics, quand il n’organise pas lui-même cette dégradation.

dimanche 20 décembre 2015

Manifestation en faveur des migrants Paris le 19 Décembre 2015

Présence de Lutte Ouvrière pour exprimer notre solidarité.


Mory-Ducros : la loi des licencieurs



    Le Conseil d’État vient de confirmer l’annulation définitive du premier plan de licenciements chez Mory-Ducros. C’est le gouvernement, alors piloté par Montebourg, qui avait donné son feu vert à ce plan de licenciements touchant des milliers de salariés, accompagné de subventions généreuses à l’employeur licencieur censées garantir l’emploi.  
  
   À la suite de ce jugement, les salariés auront droit à des indemnités, dont le tribunal des prud’hommes devra fixer le montant.

   En 2013, le gouvernement Ayrault avait promulgué une loi qui retirait aux Prud’hommes la responsabilité de juger si un plan social, c’est-à-dire un plan de licenciements, respectait ou non les obligations légales. Ce rôle fut alors confié aux représentants du ministère du Travail, sous le contrôle direct du gouvernement. La justice administrative était du coup seule habilitée à valider ou casser les décisions ministérielles.
   Ce faisant, le gouvernement espérait rendre la justice plus compréhensive vis-à-vis des patrons. Mais la violation des lois protégeant encore les salariés était si grossière dans l’affaire Mory-Ducros que le tribunal administratif a annulé l’autorisation du ministère. D’ailleurs, quelques mois plus tard, une fois l’argent encaissé, l’employeur avait mis définitivement la clé sous la porte, en faisant payer encore une fois les licenciements par la collectivité.

   Cependant, dès la décision d’annulation du tribunal administratif et sans attendre même l’issue de son recours au Conseil d’État, le gouvernement avait décidé de supprimer ce maigre obstacle aux volontés patronales. Il a fait ajouter aux lois Macron un article qui prévoit que, si la justice administrative annule la validation d’un plan de licenciements accordé par le gouvernement et ses ministres, cela sera sans effet pour les salariés. Ceux-ci ne pourront prétendre ni à réintégration ni à indemnités, même pour des licenciements jugés illégaux par la justice administrative.

   Cette dernière loi ne pouvant pas encore s’appliquer à leur cas, les salariés de Mory-Ducros seront peut-être les derniers à avoir pu voir la violation de leurs droits indemnisée grâce à une action en justice. Qui dit que le gouvernement n’agit pas ?
 
Article du journal Lutte Ouvrière du 18 Décembre
Paul SOREL

samedi 19 décembre 2015

Loi Macron : les travailleurs handicapés sont touchés

Article du journal Lutte Ouvrière du 18 Décembre 2015
   Parmi tous les mauvais coups que comporte sa loi, Emmanuel Macron ne pouvait manquer d’en réserver un aux handicapés. De nouvelles possibilités sont désormais offertes aux patrons pour s’affranchir de leurs obligations vis-à-vis de cette catégorie de travailleurs.
  

Macron Gattaz
Les entreprises de plus de vingt salariés doivent, ou plutôt devraient, employer 6 % de personnes handicapées. Elles n’en emploient en fait que la moitié, préférant payer des pénalités financières.   
    Avec la loi Macron, les stages accomplis par des collégiens et des lycéens handicapés pourront être pris en compte jusqu’à 2 % de l’effectif. Il en sera de même des stages de « mise en situation professionnelle » dont peuvent bénéficier les demandeurs d’emploi. Et cela bien que ces stagiaires ne soient pas payés par l’employeur ni même comptés dans les effectifs de l’entreprise.

   Le Medef s’en est réjoui et a déclaré que cette mesure était « de nature à favoriser l’accès des jeunes en situation de handicap à l’entreprise ». Quelle hypocrisie ! Si tous les jeunes ou tous les chômeurs qui ont fait un stage avaient été embauchés, cela se saurait. Avec des stages se succédant les uns aux autres, les patrons pourront simplement dire qu’ils remplissent leurs obligations et diminuer leurs pénalités sans pour autant rémunérer de travailleur handicapé.

    La situation des demandeurs d’emplois handicapés est dramatique. Leur taux de chômage est aujourd’hui de 21 %, le double du reste de la population. Mais le gouvernement n’hésite pas à accroître encore leurs difficultés pour donner satisfaction aux patrons.
Daniel MESCLA

vendredi 18 décembre 2015

Smart : des patrons maîtres-chanteurs

   Depuis des semaines, la direction de l’usine Smart à Hambach cherche à faire accepter l’augmentation du temps de travail à 39 heures payées 37, la suppression des RTT, mais aussi des samedis travaillés obligatoires. Le groupe Mercedes, auquel l’usine appartient, est florissant, mais les patrons en veulent toujours plus.

   La dernière tentative a consisté à envoyer à chaque salarié un avenant à son contrat de travail, qu’il devait renvoyer signé, tout en menaçant de délocaliser l’usine si une majorité de salariés ne s’inclinait pas. La direction se vante d’avoir fait céder 90% du personnel à son chantage. Mais quelle valeur a une signature obtenue en mettant un couteau sous la gorge ? Elle n’engage en rien des travailleurs qui n’ont, espérons-le, pas dit leur dernier mot.

   Les attaques de la direction de cette entreprise concernent l’ensemble du monde du travail, car le patronat dans son ensemble va sûrement utiliser cet exemple comme un ballon d’essai.