mercredi 19 juillet 2017

Alfortville : les caves du Grand ensemble envahies par les eaux usées: Que fait le bailleur Logial OPH ?

 Ci dessous article du Parisien 94 suite aux démarches d'un locataire qui depuis une dizaine de jours ne cesse d'alerter sur le problème. S'il ne s'était pas démené, est-ce que quelque chose aurait été fait, on est en droit de se poser la question. 

L'article est suivi d'une des lettres de ce locataire. Elle montre bien les difficultés auxquelles se heurtent les locataires dans un système où bailleurs et propriétaires se fichent de la vie quotidienne des occupants des logements .

La dégradation des conditions de logement ce n'est pas seulement le manque crucial de logements sociaux et à des prix abordables , c'est aussi au quotidien des nuisances répétées qui contraignent à vivre dans des conditions déplorables.

>Île-de-France & Oise>Val-de-Marne>Alfortville|Marie-Charlotte Dutheil|19 juillet 2017, 19h54|0





Alfortville, ce mercredi matin. Si les caves de l’immeuble situé allée du Douanier-Rousseau avaient été vidées la veille au soir, le sol était encore recouvert d’une couche glissante de déchets. LP/M.-C. D.

Marie-Charlotte Dutheil

Durant plusieurs jours, les locataires de cette cité ont été incommodés par les odeurs d’égouts provenant de leurs caves inondées. Le nettoyage devrait être achevé ce jeudi midi.

Depuis le pas de sa porte, serrant sa robe de chambre autour d’elle, elle explique ne pas se sentir très bien. « Toutes ces odeurs m’ont provoqué des maux de tête et des nausées », explique cette locataire de l’immeuble situé allée du Douanier-Rousseau, dans la cité du Grand ensemble, à Alfortville.
Elle et ses voisins subissent depuis plusieurs jours les odeurs d’égout émanant des caves du bâtiment, inondées à cause d’une canalisation bouchée. « Je n’ai pas ouvert mes fenêtres depuis une semaine, abonde Claudine, qui vit au rez-de-chaussée. Je fais brûler de l’encens, du papier d’Arménie… Tout cela finit par me donner la migraine. »
C’est, selon les locataires, le 8 juillet que les eaux sales ont débordé, et envahi le sous-sol du bâtiment. « Nous avons commencé à avertir la mairie et Logial OPH (NDLR : le bailleur qui gère l’immeuble, et détient environ 80 % des logements sociaux de la commune) le lundi 10, explique Christophe, l’un des habitants. Et durant tout le week-end du 14 juillet, ils se sont renvoyés la balle, pour savoir à qui revenait la responsabilité de l’entretien de tel ou tel tuyau. »
Si le bailleur conteste la temporalité des faits — l’un de ses représentants affirme en effet que Logial OPH n’a été prévenu de l’inondation que le jeudi 13 —, il reconnaît des « difficultés structurelles de gestion ». « Le premier problème était de localiser le bouchon. Le second de savoir qui, de la ville et Logial OPH, était en charge de la canalisation concernée, poursuit le même interlocuteur. Depuis la dissolution de l’association qui gérait ces problématiques à l’échelle du Grand ensemble, le périmètre d’intervention de chacune des structures a été revu. »
Ce qui a occasionné un chassé-croisé de prestataires au sein de la cité durant tout le week-end. L’eau a finalement été évacuée mardi soir, et le nettoyage des sols, initié mercredi matin, devrait être terminé ce jeudi midi.
Dans un communiqué conjoint, la mairie d’Alfortville et Logial OPH affirment que « Luc Carvounas, député-maire (NDLR : PS), et président de Logial OPH, a immédiatement sollicité ses services pour que les plans du réseau du Grand ensemble soient renvoyés à l’ensemble des bailleurs du quartier, afin que ce type de dysfonctionnements ne se reproduise plus. »
  leparisien.fr

 http://www.leparisien.fr/alfortville-94140/alfortville-les-caves-du-grand-ensemble-envahies-par-les-eaux-usees-19-07-2017-7144959.php


Bonjour Messieurs
Je vous adresse ce message pour que de vraies actions soient effectuée pour résoudre le problème de débordement des eaux d' égouts que nous avons et subissons depuis plus d' une semaine au niveau du grand ensemble ( Douanier Rousseau par exemple ) des centaines d' appartements sont concernés.
Car plusieurs locataires (Moi y compris) ont signalé à notre gardienne " depuis le samedi 08-07 " (redoute des petits qarreaux) que les eaux des égouts remontent dans les sous-sols de nos immeubles avec les émanations  qui remplissent nos appartements dû au fait que la VMC refoule ces odeurs dans les diverses pièces distribuées par la ventilation, à cela s' ajoutent les entrées d' air des fenêtres et baies vitrées qui font elles aussi entrer ces odeurs pestilentielles .
Depuis plusieurs jours, c' est un vrai jeu de ping-pong à savoir qui doit débouché les canalisations, mairie ou bailleur Logial Oph ... et comme leurs sous-traitants sont différents , les uns et les autres depuis presque 4 jours se revoient la balle .
Mercredi à16h50, le responsable assainissement du pole technique d' Alfortville m' avait confirmé que le prestataire de la mairie " région ou département " était diligenté pour intervenir .  Mais nous sommes obligés de nous battre avec l' aimable assistance des responsables d' astreinte de la Mairie Mme Bernichi France et son collègue . Car cela fait trois jours que soit disant le prestataire aurait débouché les conduites, remis en marche les pompes de relevage etc ... Et à chaque fois, nous n' en voyons pas les résultats du côté de nous immeubles qui sont toujours inondés dans les sous-sols.
Cela fait trois jours que nous locataires avec l' aide des cadres d' astreinte de la mairie, nous sommes en contact 4 à 5 fois par jours. Et nous nous battons pour faire revenir depuis 3 jours le prestataire afin qu' il débouche les réseaux d' égouts. Car soit disant jeudi soir le travail devait être effectuer et hop le vendredi matin les caves étaient encore inondées ... Le vendredi soir idem et le samedi matin .... même résultat cave inondées .. Dimanche idem ..
Nous sommes le dimanche soir et les odeurs avec cette chaleur extérieure combinée provoque des odeurs insupportables.... (sans parler des locataires des RDC qui ont les fenêtres juste au dessus de ces eaux stagnantes + la vmc qui refoulent ces mauvaises odeurs dans les bouches d'aérations ..
Je ne comprends pas pourquoi des numéros d' astreintes de responsable logial oph ne soient pas disponibles . Car quand les cadres d' astreintes de la mairie demandent ou essayent d' avoir des interlocuteurs logial. Ils se retrouvent face à un mur . Et comme au final le prestataire débouchant les égouts pour la mairie ne dialogue pas avec ceux du bailleur hlm Logial ... c' est un serpent qui se mord la queue !!! Car les uns et les autres se dédouanent, c' est pas nous mais la mairie etc ...
au final :
- on se retrouve avec des prestataires qui ne semblent pas faire avec un total professionnalisme leur job ,car pourquoi reviennent ils depuis trois jours par étape ... Ne peuvent ils pas rester un journée complète afin d' investiguer et déboucher la totalité des conduites d' égouts à leurs charges !!!
- on a des prestataires qui se rejettent la faute sur les égouts obstrués .. là c' est moi , là c' est pas moi .....
- on a des cadres d' astreinte de la mairie qui n' ont aucun numéro de téléphone des cadres d' astreinte Logial OPH ....
Etc ...
Donc depuis le 08/07/2017 nous subissons ces débordements d' eau d' égouts dans les sous-sols .. Et à ce jour Dimanche 16/07/2017 22h le problème est non seulement pas résolu , mais les odeurs empires !! Je pense qu' il y a des process a revoir !! au niveau des responsabilités ...
Ne serait que d' apposé des logos sur les plaques d' égouts afin de définir celles en charge de la mairie ,celles en charge des bailleurs ...
De plus, j' ose espéré que ces égouts bouchés ne sont pas la résultante de la bouche d' incendie ouverture chaque jours en bas de la redoute des petits qarreaux ,  ce qui aurait eu comme résultat d' apporter sable et terre dans les conduites et ainsi les obstruées . Et pire encore envoyé du sable ou de la terre dans les pompes de relevage occasionnant la panne de l' une d' elle .
 
Ps / si un jour nos sous-sols ne sont plus inondés ,il serait de faire curé les conduites ,et également faire vraiment désinfecté tout les sols qui furent couverts d' eau usées comme la réglementation et les services d' hygiène de la CACPVM l'imposent ..

lundi 17 juillet 2017

Le gouvernement attaque les travailleurs. Préparons-nous à riposter !

Editorial Lutte Ouvrière 17/07/2017 
 

Chaque jour de l’été, ou presque, une nouvelle mesure antiouvrière est annoncée. La semaine dernière, c’est le sort du compte pénibilité qui a été scellé. Cette mesure, bien limitée, devait permettre à certains salariés soumis à des travaux pénibles de partir plus tôt à la retraite. Le patronat a eu gain de cause : les travailleurs qui portent des charges lourdes, subissent des vibrations ou sont exposés à des risques chimiques, ne bénéficieront pas de départ anticipé. Et si, en théorie, les autres risques restent pris en compte, ce n’est plus le patronat qui les financera mais la Sécurité sociale.

Les annonces de baisses d’impôts ne doivent tromper personne. Seule certitude : les riches seront servis. L’impôt sur la fortune sera réduit. En même temps, le gouvernement diminue le budget de l’Éducation nationale et des universités, ce qui touchera d’abord les enfants des classes populaires. Pour les salariés et les retraités, c’est la hausse de la CSG qui est au menu ! Quant à la baisse de la taxe d’habitation, il reste à voir comment elle sera compensée pour les collectivités locales et qui paiera. Une fois encore, les habitants des communes les plus pauvres seront pénalisés.

Et le pire est à venir, avec les ordonnances réformant le Code du travail, que les députés ont autorisées.
L’extension des accords d’entreprise facilite le chantage à l’emploi : en menaçant de licencier, un patron pourra accroître le temps de travail sans augmenter les salaires.
À l’échelle des branches professionnelles, les contrats de mission seront autorisés, selon une vieille demande du patronat, qui voudrait se débarrasser du CDI. Un salarié pourra ainsi n’être embauché que pour la durée d’un projet, ce qui revient à vider de son sens le CDI, et à généraliser la précarité de l’emploi. Le patronat voudrait en quelque sorte transformer tous les salariés en travailleurs à la tâche, exploitables puis jetables, comme c’était la règle avant 1936.

Les entreprises auront toujours plus de facilités pour licencier : par exemple, une multinationale ultra-bénéficiaire pourra procéder à des licenciements dits « économiques », dans une de ses filiales déclarant des pertes. Cette disposition était déjà dans le projet de loi El Khomri en 2016, et avait dû être retirée face à la contestation ouvrière – c’est à méditer ! Macron veut aussi rétablir le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, une attaque à laquelle le gouvernement PS avait également dû renoncer, mais à laquelle tient le patronat pour pouvoir se débarrasser à moindres frais de salariés.

Le gouvernement peut sortir de son chapeau quelques mesures mineures, afin de faire passer la potion amère. Rappelons-nous que, quand la loi Macron avait étendu le travail du dimanche, on parlait aux salariés de volontariat et de bonifications. Aujourd'hui une firme comme Bricorama a réduit ses majorations.

Les travailleurs n’ont rien à attendre des débats parlementaires. Le gouvernement dispose d’une majorité de députés à sa botte, choisis et élus pour mettre en œuvre le programme de Macron. Une fois que les ordonnances seront présentées, le 20 septembre, elles seront immédiatement applicables.
Les dirigeants des confédérations syndicales se sont pliés au cinéma du « dialogue social » que le gouvernement met en scène cet été, alors qu’en réalité c’est lui et, derrière lui, le patronat, qui décide de tout. Les dirigeants de la CFDT et ceux de FO passent les plats à Macron, à Édouard Philippe, et à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, tout droit issue des milieux patronaux. La CGT joue aussi le jeu de la concertation, mais a au moins le mérite d’appeler les salariés à se mobiliser mardi 12 septembre.

Il faut se saisir de cette occasion pour montrer que nous n’acceptons pas d’être attaqués sans réagir. Il faut que nous soyons nombreux en grève et en manifestation ce jour-là. Cette seule journée ne suffira pas à faire reculer le gouvernement, mais elle doit être le point de départ d’une riposte du monde du travail, qui est la seule réponse face à cette déclaration de guerre.

Macron peut parader avec Trump, faire le matamore et multiplier les gestes d’autorité ; mais nous en avons vu d’autres. Il peut se dire « droit dans ses bottes » comme Juppé en 1995, il serait tout aussi impuissant face à une mobilisation du monde du travail, avec des grèves et des manifestations massives. C’est ce qu’il faut préparer.

lundi 10 juillet 2017

Gouvernement et patronat mènent la lutte de classe, nous ne pourrons pas éviter le combat



Editorial  Lutte Ouvrière 10/07/2017

 

    Il n’y a pas de semaine sans l’annonce d’une nouvelle mesure anti-ouvrière du gouvernement. Dernière en date, la fin du compte pénibilité et son remplacement par le compte de prévention, avec la suppression de quatre critères de pénibilité sur dix et la fin des sur-cotisations demandées au patronat. Ce compte pénibilité était une concession dérisoire de Hollande lorsqu’il avait allongé la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein. C’était déjà trop pour le patronat.
Mais dans la guerre que le gouvernement mène contre le monde du travail, cette annonce n’est pas la plus importante. La nouvelle loi Travail, présentée cette semaine au Parlement, est l’offensive d’envergure. Son objectif est de vider de son contenu le Code du travail et d’effacer toute trace de ce qui reste des acquis de plus de cent ans de luttes ouvrières.

   Dans les entreprises, les patrons feront la loi au sens propre du terme, en fixant le temps de travail et les salaires comme ils voudront. Le gouvernement dit que ces accords d’entreprise seront le fruit du dialogue social. Mais ce dialogue social, c’est un monologue patronal qui se résume à : « Si tu n’es pas content, tu prends la porte. » Et comme la loi modifiera aussi les procédures de licenciements individuels et collectifs, les patrons auront encore plus de liberté pour licencier.
À l’échelle des branches, les conventions collectives pourront autoriser les CDI de mission. Ces contrats permettent au patron de se débarrasser des salariés une fois la mission accomplie sans devoir payer d’indemnité. Les accords de branche fixeront aussi le nombre de renouvellements possibles d’un CDD. Et les indemnités prud’homales dans le cas d’un licenciement reconnu abusif seront plafonnées.
L’offensive ne s’arrêtera pas là. Le Premier ministre, Philippe, a confirmé l’augmentation de la CSG de 1,7%. Il prétend que pour les travailleurs du privé cette hausse sera compensée par une baisse des cotisations sociales. Rien n’est moins sûr. Et pour les fonctionnaires et les retraités dont la pension dépasse 1 200 euros par mois, le recul du pouvoir d’achat est programmé.

   Pendant que le gouvernement prépare ses lois, le patronat poursuit ses propres attaques.
La semaine dernière, les travailleurs de GM&S dans la Creuse sont allés bloquer la fonderie de PSA Sept-Fonds dans l’Allier. Comme l’offre de reprise de leur entreprise laisse sur le carreau 157 salariés sur 277, ils ont voulu faire pression sur les donneurs d’ordres, Renault et PSA, et sur l’État, actionnaire de ces deux groupes. Leur détermination a forcé le ministre de l’Économie à les recevoir à Bercy. Leur mobilisation a été médiatisée, mais combien d’autres usines ferment parce que des actionnaires trouvent plus profitable de supprimer des emplois et de concentrer le travail sur moins de salariés ? Il y a aussi les plans de suppression d’emplois des grands groupes. Michelin a annoncé près de 2 000 suppressions d’emplois dans le monde dont 1 500 en France.

   Enfin, à tout cela, il faut ajouter la répression patronale, qui trouve toujours l’oreille complaisante d’une justice de classe. Des militants syndicaux chez PSA sont menacés judiciairement, dont un condamné à six mois de prison avec sursis. Pourquoi ? Parce qu’ils ne baissent pas la tête devant leur direction. Voilà la lutte de classe dont Macron dit qu’elle n’existe plus, qui permet à la classe capitaliste de s’enrichir, comme ces actionnaires à qui les entreprises du CAC40 ont versé 46 milliards d’euros de dividendes pour 2016.

   Si nous ne voulons pas être broyés, nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre collectivement contre toutes les attaques patronales et contre cette loi Travail. Pour l’instant, la comédie de la négociation se poursuit et tous les dirigeants syndicaux jouent le jeu du gouvernement. Ceux de la CFDT et de FO se font clairement les complices de la politique gouvernementale. Ceux de la CGT veulent jouer au syndicat de « propositions » comme les autres, mais, en même temps, ils appellent à la grève pour le 12 septembre. Et c’est une opportunité à saisir.
Une seule journée ne suffira pas à faire reculer le patronat et le gouvernement. Mais seules des mobilisations ouvrières puissantes pourront faire barrage à cette loi qui sera votée au Parlement par la majorité macroniste.
Il faut utiliser toutes les possibilités de réactions collectives et affirmer la nécessité d’une lutte générale et explosive du monde du travail.

dimanche 9 juillet 2017

Groupe PSA : Contre la répression patronale !

Farid Borsali condamné à 6 mois de prison avec sursis

Jean-Pierre MERCIER
France
8 juil. 2017 — Farid Borsali, secrétaire de la CGT de l'usine PSA de Poissy, a été assigné devant le tribunal correctionnel de Versailles par la direction, avec un dossier complètement vide, pour des accusations de prétendues "violences". La justice a entendu le patron, puisque Farid a pris le maximum, vendredi 7 juillet : 6 mois de prison avec sursis et 2600 € d'amende. Cela démontre la nécessité, encore plus, de se mobiliser pour la défense des libertés ouvrières et syndicales à PSA. Faites circuler la pétition !

Pour signer la pétition :

https://www.change.org/p/carlos-tavares-stop-aux-atteintes-aux-libert%C3%A9s-ouvri%C3%A8res-et-syndicales-dans-le-groupe-psa?recruiter=295162437&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition&utm_term=autopublish

dimanche 2 juillet 2017

Il n’y a rien à négocier

Mardi 27 juin, la CGT appelait à des rassemblements dans différentes villes pour protester contre la future loi travail de Macron. À Paris, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées sur l’esplanade des Invalides, à proximité de l’Assemblée.
Étaient présents des travailleurs en lutte, comme ceux de l’hôtel Campanile de la tour Eiffel, en grève depuis 43 jours, mais aussi de nombreux militants voulant montrer leur désaccord et convaincus qu’il faudra se battre contre le gouvernement Macron.
La date de ce rassemblement avait été choisie parce qu’elle correspond à l’entrée en fonction de la nouvelle Assemblée. Certes, ce sont les députés qui vont voter la loi d’habilitation ouvrant la voie aux ordonnances, mais l’enjeu n’est certainement pas dans ce vote. La majorité des députés d’En marche !, de la droite et même du PS approuveront de toute façon cette loi. Les députés de la France insoumise ou du PCF ne peuvent évidemment pas empêcher son adoption, et faire croire l’inverse est une façon de désarmer les travailleurs.
Le gouvernement cherche à lanterner les travailleurs avec ses fausses fuites et ses rumeurs, et les directions confédérales participent aussi au jeu de dupes. Elles s’en font même les complices, en se plaignant de ne pas pouvoir discuter des textes complets, se prêtant au jeu des 48 réunions dites de négociation organisées avec le gouvernement. Laisser croire que l’on ne sait pas ce qu’il y aura dans la loi travail est une façon de prolonger l’attentisme. Et il n’y a aucune raison de se laisser prendre au piège.
Ce que prévoit le gouvernement Macron, on le sait ! Que ce soit sur les CDI, les facilités pour licencier, les indemnités prud’homales, les accords d’entreprise à la place des conventions collectives, il poursuit dans la voie ouverte par Hollande. La loi travail en préparation est une déclaration de guerre aux travailleurs. La question n’est pas de savoir le contour exact des attaques actuelles, mais de se préparer à se défendre. Ce qu’il n’y aura pas dans cette loi, le gouvernement le rajoutera plus tard. Et, plus profondément, il envoie un message aux capitalistes : « Attaquez, exploitez, aggravez les conditions de travail, nous vous soutenons ! » Aujourd’hui déjà, bien des patrons n’appliquent pas le Code du travail, ne se sentent limités par aucune loi existante. La loi travail apportera une caution juridique à leurs sales coups. Mais surtout elle les renforcera dans la guerre qu’ils mènent jour après jour contre les travailleurs.
Alors, il n’y a rien à négocier dans cette loi avec ce gouvernement. Face à la déclaration de guerre du patronat, il ne peut être question que de se préparer à la riposte. Convaincre les travailleurs démoralisés de la nécessité de reprendre le chemin de la lutte, rappeler ce que sont leurs véritables armes de classe, dénoncer la politique de la bourgeoisie, de ses politiciens avérés comme des faux amis des travailleurs : voilà ce qui est urgent.
La classe ouvrière produit tout dans cette société, crée les richesses qui engraissent la bourgeoisie : elle a la force de riposter et de défendre ses conditions de travail et de vie contre ceux qui veulent la réduire à la pauvreté. Sa force réside dans la conscience de son rôle, de son poids dans la société, de ses moyens d’action. Seules ses luttes collectives pourront changer son sort. Les militants et les travailleurs conscients qui ne veulent pas de la régression en cours doivent mettre toute leur énergie à les préparer.

samedi 1 juillet 2017

Incendie de Londres : des révélations révoltantes en cascade




   Suite à l'incendie de la tour Grenfell à Londres le 14 juin dernier, une inspection des autres tours de la capitale a été lancée. Elle révèle que plus de cent d'entre elles ne répondent pas non plus aux normes de sécurité – et l'enquête n'est pas terminée. Ailleurs dans le pays, le même souci d'offrir les marchés aux entreprises les moins chères a conduit au même résultat : des bâtiments non sécurisés.

   La colère est grande, tant face à l'indifférence de la Première ministre Theresa May que du mépris des politiciens locaux et des patrons du BTP pour la vie des pauvres.
A l'horreur même de l'incendie s'ajoute le fait que le nombre de morts semble avoir été sous-évalué par les pouvoirs publics et que des clandestins qui habitaient la tour renoncent aux soins auxquels ils auraient droit, de peur d'être expulsés du pays.

vendredi 30 juin 2017

Gel du salaire des fonctionnaires : Macron attaque sans fard


La Cour des comptes s'alarmant du niveau des déficits publics, le gouvernement Philippe vient de décider de geler le « point d'indice » de tous les fonctionnaires, mesure qui s'était déjà appliquée de 2010 à 2015. Une attaque directe contre un travailleur sur cinq, qui permettra d'économiser... un milliard d'euros en 2017.
Mais trouver un milliard, il y aurait une foule d'autres manières de le faire, ne serait-ce qu'en supprimant quelques cadeaux fiscaux aux grandes entreprises.

jeudi 29 juin 2017

Un gouvernement qui déclare la guerre aux travailleurs


Les urnes sont rangées. Le cirque électoral est passé. Le nouveau gouvernement va se consacrer à la tâche que la bourgeoisie attend de lui : lancer l’offensive contre les travailleurs.
Macron a mis en avant deux mesures emblématiques : la loi de moralisation de la vie politique et la réforme du Code du travail.
La première ne visait qu’à amuser la galerie. Macron voulait se faire mousser en jouant au Monsieur Propre de la politique française. Mais les révélations sur les magouilles immobilières de Richard Ferrand et les emplois fictifs au Modem de François Bayrou, hier encore ministre de la Justice et porteur du projet de loi, ont compromis son opération de « com ». La classe capitaliste aimerait bien avoir des serviteurs politiques désintéressés mais elle n’engendre que des politiciens, à son image, âpres au gain.
La seconde mesure visant à réformer le Code du travail n’est pas une anecdote. Elle concerne les dizaines de millions de salariés et est une déclaration de guerre contre le monde du travail.
Le gouvernement veut aller plus loin que la loi El Khomri. Il veut laisser au patronat plus de marges de manœuvre pour faire sa loi à l’échelle des entreprises ; permettre aux multinationales de licencier sans contrainte dans une filiale même si, à l’échelle du groupe, les bénéfices affichés sont insolents ; ou encore plafonner les indemnités prud’homales qu’un travailleur pourrait obtenir suite à un licenciement reconnu abusif et réduire les délais qui permettent à un salarié de contester un licenciement.
Le gouvernement va présenter cette semaine au conseil des ministres la loi d’habilitation à réformer le Code du travail par ordonnances. Puis il la fera voter au Parlement en juillet. En septembre, les ordonnances tomberont, révélant leur contenu précis au moment même où elles prendront effet.
Qu’est-ce que le patronat pourra imposer à l’échelle de l’entreprise ? Jusqu’où pourra-t-il déroger aux accords de branche ? Les contrats de chantier, ces CDI existant déjà dans le bâtiment, en fait des CDD sans indemnité de précarité et parfois sans réelle protection sociale, seront-ils élargis à d’autres branches ? Tout cela pourrait bien n’être révélé qu’en septembre.
Le gouvernement laisse planer le doute sur l’ampleur de la régression sociale qu’il prépare car il ne veut pas braquer les directions syndicales et risquer de provoquer des réactions ouvrières. Et pour l’instant, ne serait-ce que dans leurs déclarations, les dirigeants syndicaux font preuve d’un attentisme lamentable. La ministre du Travail, en DRH expérimentée, les reçoit semaine après semaine pour bavarder pendant que le gouvernement affute ses ordonnances.
Bien des travailleurs et des militants syndicaux ne sont pas dupes et se rendent compte de la nécessité de se battre. Des unions syndicales régionales et départementales appellent à des rassemblements pour dénoncer le projet gouvernemental, notamment le 27 juin devant l’Assemblée. Mais ces mobilisations ont lieu en ordre dispersé et à des dates différentes alors qu’il faudrait au contraire réagir tous ensemble et avoir un plan de mobilisation.
Macron veut agir vite et profiter des congés d’été pour frapper. Mais au-delà de ce calcul, il veut surtout donner des gages à la bourgeoisie. Il veut lui montrer que s’il a été un bon illusionniste, capable de se faire élire, il sera aussi un de ses hommes forts, capable d’imposer des sacrifices aux travailleurs sans déclencher trop de vagues.
La crise économique rend le patronat plus rapace et le gouvernement à son service plus arrogant. Si nous ne voulons pas que nos salaires, nos conditions de travail, nos conditions de vie reculent indéfiniment, nous devrons nous battre avec nos armes de travailleurs, nos armes de classe que sont les grèves et les manifestations.
Le gouvernement veut nous émietter, nous cantonner dans nos entreprises. Mais c’est à l’ensemble des travailleurs qu’il a déclaré la guerre. Et, dans le bras de fer qui nous oppose à lui et au patronat, notre force ne peut venir que de luttes qui se généralisent, d’une entreprise à l’autre, d’un secteur à l’autre, et aboutissent à la mobilisation de l’ensemble de la classe ouvrière pour ses intérêts collectifs.
À moins de croire au Père Noël pour les travailleurs, c’est la seule conclusion rationnelle à laquelle on peut arriver.