jeudi 4 juillet 2019

Le personnel de Sanofi contre le nouveau plan de suppressions d'emplois qui se traduit par la fermeture du site d'Alfortville


Ce jeudi 4 Juillet des centaines de salariés étaient mobilisés à Chilly-Mazarin (Essonne) et à Montpellier (Hérault) pour refuser les 300 suppressions de postes en R&D du laboratoire français et la fermeture du site d’Alfortville (Val-de-Marne).

Il y a quelques années
En effet le 19 juin dernier , Sanofi a annoncé la suppression de près de 500 postes en recherche et développement. Depuis le début de l’année, c’est le troisième plan de suppression d’emplois.
Au mois de mars, une procédure de rupture conventionnelle collective détruisait plus de 700 postes de travail dans les fonctions support. À peine un mois plus tard, un plan dit de sauvegarde de l’emploi (PSE) annonçait à près de 250 visiteurs médicaux qu’ils allaient perdre leur emploi. Maintenant, Sanofi annonce la suppression de 466 postes dans les services de recherche et développement, dont 299 en France et le reste en Allemagne.

Cela se traduira notamment par la fermeture du site d'Alfortville (associé à Vitry).
Comme à chaque fois, comme à chaque plan de suppression d’emplois, la direction parle de mobilité interne, de repositionnement, d’exclusion de tout licenciement pour motif économique, de départs volontaires exclusivement…

Comme à chaque fois, dans les discours, il est question de relever les défis médicaux de demain, d’améliorer la vie des patients, la santé de millions de personnes à travers le monde.
La réalité est plus prosaïque. Comme tous les industriels, Sanofi a pour seul objectif d’augmenter ses bénéfices et son taux de profit, et d’en distribuer le maximum à ses actionnaires sous forme de dividendes. En la matière, ce poids lourd de la pharmacie ne se débrouille pas trop mal, lui qui en 2017 a enregistré un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros et un bénéfice net de 8,4 milliards (soit une marge de 24 %), dont il a distribué plus de la moitié (4,6 milliards) à ses actionnaires sous forme de dividendes.

Dans ce fonctionnement, qui n’a vraiment pas grand-chose à voir avec l’amélioration de la vie des patients mais plutôt avec l’amélioration des profits, la direction au service des actionnaires freine sur toutes les dépenses. Des fonctions support à la recherche en passant par les visiteurs médicaux, elle taille dans les emplois, elle recourt à la sous-traitance, elle externalise, elle ferme des bâtiments, elle supprime des secteurs jugés insuffisamment rentables. Des milliers d’emplois sont ainsi supprimés !

La seule façon d’arrêter cette hémorragie serait la mobilisation collective de tous ceux qui, par leur travail, dans les labos, les usines et les bureaux, engraissent les actionnaires. Depuis la paillasse jusqu’à la boîte de médicament délivrée en pharmacie, en passant par toutes les étapes de la fabrication, du contrôle et des affaires réglementaires, ce sont eux qui font la richesse de Sanofi.

mercredi 3 juillet 2019

Chronopost – Alfortville : les sans-papiers continuent la lutte !

03 Juillet 2019

Des travailleurs du Collectif des travailleurs sans papiers de Vitry, renforcés par d’autres sans-papiers, continuent la lutte engagée le mardi 11 juin. Ils exigent les documents nécessaires à leur régularisation ainsi que l’embauche par La Poste de ceux qui sont employés par les sociétés d’intérim fournissant la main-d’œuvre aux entreprises sous-traitantes.

En effet, pour les opérations de tri, La Poste et sa filiale Chronopost font appel à des entreprises telles que Derichebourg et Globe Express qui, à leur tour, font appel à des sociétés d’intérim qui, elles-mêmes, en utilisent d’autres. Au bout de cette cascade de sous-traitance, il y a des travailleurs sans papiers qui embauchent à 3 heures du matin dans l’entrepôt de Chronopost à Alfortville, où ils déchargent les camions et trient les colis jusqu’à 7 h 30.

Depuis le 11 juin, une quinzaine d’entre eux occupaient le parking intérieur de Chronopost, dormant sur le sol en ciment, sans même une toile de tente, arrachée dès le début par les vigiles les surveillant nuit et jour avec un chien. Leurs camarades, rassemblés de l’autre côté des barreaux de la porte cadenassée, les ravitaillaient en nourriture et en eau, avec quelques bouteilles de plus pour une toilette minimum.

Rien n’entamait leur détermination et, le soir du 21 juin, une Fête de la musique improvisée a rassemblé devant les grilles plus de 200 travailleurs africains et quelques syndicalistes. Au slogan traditionnel : « On vit ici, on bosse ici », ils ont pu ajouter « et on danse ici, on chante ici ! »
Il a fallu une décision du juge des référés de Créteil ordonnant, le 26 juin, l’évacuation des travailleurs se trouvant à l’intérieur du site pour que ces derniers mettent fin à leur piquet de grève et sortent rejoindre ceux se trouvant à l’extérieur. Mais cela ne se fit qu’après d’âpres discussions, la majorité des sans-papiers craignant qu’une intervention policière les empêche de sauvegarder le véritable « camp de base » établi sur le trottoir.

Depuis, jour et nuit, toujours dans des conditions difficiles encore aggravées par la canicule, ce camp tient bon. Il rassemble jusqu’à 150 personnes, dont une centaine chaque nuit, certains venant même dormir sur le trottoir pour soutenir leurs camarades, avant de repartir au travail à 5 ou 6 heures du matin. Un tel engagement, une telle détermination forcent le respect et ont attiré le soutien de syndicats, de militants ainsi que de personnes isolées qui contribuent à fournir l’eau, la nourriture ou l’argent nécessaire à l’élaboration des repas collectifs.

Mardi 2 juillet, une réunion a eu lieu à la mairie d’Alfortville en présence d’un représentant de la préfecture du Val-de-Marne chargé des questions liées à l’immigration et qui donc, à ce titre, signe pour le préfet les OQTF (obligations de quitter le territoire français). Affirmant n’avoir aucun pouvoir, il a renvoyé la délégation des travailleurs sans papiers à la circulaire Valls, sachant pertinemment que celle-ci conditionne la régularisation à la délivrance d’un document par l’employeur… ce que refusent justement aussi bien Chronopost que ses sous-traitants !

La détermination des 170 travailleurs partis du « camp de base » en manifestation pour se rendre à la mairie, pendant que des dizaines d’autres assuraient la garde du camp, ne faiblit pas. La perspective, c’est le renforcement du mouvement.


Correspondant LO

samedi 29 juin 2019

Les travailleurs sans-papiers de Chronopost en lutte pour leur régularisation

Un article du journal Lutte Ouvrière du 12 Juin 2019 : 

La Poste : sans-papiers exploités, militants arrêtés

Mardi 11 juin à 7 heures, des travailleurs du collectif des travailleurs sans papiers de Vitry occupaient l’agence Chronopost d’Alfortville. Travaillant ou ayant travaillé pour Chronopost, ils venaient exiger la remise des documents indispensables pour leur régularisation et aussi la régularisation de tous les sans-papiers.
Pour les opérations de tri, La Poste et sa filiale Chronopost font appel à des entreprises de manutention telles que Globe Express, Derichebourg ou Ares qui, à leur tour, font appel à des sociétés d’interim qui, elles-mêmes, en utilisent d’autres. Au bout de cette sous-traitance en cascade, il y a des travailleurs sans papiers. Originaires du Mali ou d’un autre pays africain, ils embauchent à 3 heures du matin dans l’entrepôt de Chronopost à Alfortville où ils déchargent les camions et trient les colis jusqu’à 7 h 30. Depuis quelques jours ou semaines pour certains, quelques mois pour d’autres, ils travaillent comme de nouveaux esclaves.
En début d’après-midi, la réponse de Chronopost à l’occupation arrivait : avec l’intervention de la police, l’arrestation d’un militant du collectif de sans-papiers de Vitry et d’un journaliste venu couvrir l’événement ! Des arrestations qu’il n’est pas question de laisser passer.
Correspondant LO



Images de plusieurs rassemblements depuis le début du mouvement 






lundi 6 mai 2019

Justice de classe : Le tribunal refuse de condamner Smovengo pour le licenciement des grévistes


                       
                                                 

Les Prud’hommes refusent de condamner Smovengo
pour le licenciement des grévistes…mais la résignation n'est pas d'actualité !

Le 30 Avril 2019

Ayant saisi le Conseil des Prud’hommes de Nanterre suite à leur licenciement en juin 2018 à l'issue de plus de deux mois de conflit, vingt-et-un salariés de Smovengo (la société gestionnaire des Vélib’ pour Paris et sa métropole), et les syndicats CGT et SUD qui intervenaient volontairement, ont été déboutés le 11 avril dernier de leur demande . En effet, le juge départiteur n'a pas considéré que ces licenciements étaient illicites.
Des travailleurs font grève pour défendre leurs salaires et leurs conditions de travail, ils sont licenciés collectivement… et cela est normal pour la justice !

Si les salariés avaient fait grève c'est parce que, suite au changement d'exploitant de Decaux à Smovengo en 2018, ils avaient perdu en salaire et en primes et n'avaient même pas les équipements pour travailler correctement. La direction avait répondu par le mépris, les huissiers, les vigiles et l’embauche illégale d’intérimaires mais, voyant que la lutte tenait bon, elle avait assigné au bout de trois semaines les grévistes devant le TGI les accusant d'empêcher les non-grévistes de travailler, de bloquer les accès des entrepôts et de commettre des exactions. Surtout, elle avait subitement découvert qu’aucun préavis n’avait pas été déposé et a alors demandé à ce que la grève soit déclarée illicite.
Somme toute Smovengo se drapait dans sa fonction de service public et osait accuser les salariés de porter atteinte à l'intérêt des usagers or les utilisateurs de Vélib peuvent constater tous les jours la gabegie avec laquelle Smovengo assure la continuité du service public.

Le TGI a rendu sa décision le 14 mai 2018, en suivant la direction sur l’absence préavis mais avait retenu la bonne foi des salariés lors du déclenchement de la grève, une décision dont la direction s'est ensuite servie pour licencier les salariés qui poursuivaient la lutte.
Pourtant, quelques mois après s'être débarrassés d'eux, la direction a accordé une bonne partie des augmentations qu’ils revendiquaient… mais eux n'étaient plus là pour en bénéficier ! En plus d’une prime exceptionnelle de 500 euros, la majoration des horaires de nuit a été fixée à 20 % au lieu de 10 %, les jours fériés et les dimanches majorés de 20 % et la prime de panier augmentée de 6 à 9 euros.
Dans le jugement prud’homal du 11 avril dernier, le tribunal refuse de condamner la direction de Smovengo. Comme dans de nombreux autres conflits sociaux, les tribunaux se  montrent le plus souvent compréhensifs envers le patronat et impitoyables avec les travailleurs qui luttent : cela a été le cas pour Air France suite à l'affaire de la chemise arrachée, pour Goodyear dans la lutte contre la fermeture, pour les victimes de l'amiante dont aucun procès n'a abouti à ce jour et pour les Gilets jaunes, qui sont condamnés et pour certains en prison, alors que les auteurs de violence policières ne font eux l’objet d’aucune poursuite.
Face aux attaques patronales et au soutien que leur apportent le pouvoir et les tribunaux, il y a urgence à inverser le rapport de forces en renforçant par la lutte le camp du monde du travail.

mercredi 24 avril 2019

Elections Européennes Meeting Lutte Ouvrière Vendredi 10 Mai Paris Nathalie Arthaud Jean-Pierre Mercier

à 20h30
Maison de la Mutualité, 24 rue Saint-Victor, Paris 5e (Métro Jussieu ou Maubert-Mutualité).

Départ collectif  en voitures à 19H30  Métro  Ecole Vétérinaire (arrêt du bus 103). 
Me téléphoner au 06 87 80 68 06