mardi 13 septembre 2016

Servir de marchepied à un politicien bourgeois ou faire entendre le camp des travailleurs ?



Editorial Lutte Ouvrière 
Appels à rejoindre la manifestation du 15 septembre contre la loi El Khomri, dénonciation des licenciements chez SFR ou encore de la fermeture de l’usine Alstom de Belfort programmée pour 2018… Les militants du PCF qui ont animé la fête de L’Humanité lui ont donné, comme chaque année, un caractère ouvrier et militant.
Mais si les problèmes du monde ouvrier sont au cœur des préoccupations de beaucoup de militants, on ne peut pas en dire autant de la direction du PCF. Ce qui la préoccupe, ce sont les problèmes… de la gauche.
Alors que de plus en plus de travailleurs ont compris qu’ils avaient autant d’ennemis chez les politiciens de gauche que chez ceux de droite, que leur dit la direction du PCF ?
Qu’il faut rassembler la gauche et lui trouver un candidat unique !
Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, est prêt à soutenir ce candidat, sans même exiger de lui quoi que ce soit pour les travailleurs. Il le voit même parmi les Montebourg, Duflot, Hamon, tous anciens ministres de Hollande.
A-t-il oublié qu’ils ont tous été les exécutants de la politique de Hollande ? Qu’ils ont applaudi au pacte de responsabilité et à tous les cadeaux patronaux ? Qu’ils se sont félicités des accords de compétitivité imposés aux travailleurs à coups de chantage patronal ? Les ouvriers, ceux qui ont perdu leur emploi, eux, ils ne l’oublient pas ! 
Aujourd’hui, Montebourg dénonce le « laisser-faire » du gouvernement et le rend coresponsable de la fermeture programmée d’Alstom à Belfort, mais qu’a-t-il fait lui-même pour empêcher celle de l’usine Citroën d’Aulnay ? Il a gesticulé pour sauver Florange mais il a fini par se coucher devant Mittal, laissant des travailleurs sur le carreau malgré ses promesses.
C’est dans ce genre de politiciens que les travailleurs devraient placer leur confiance ? Exactement comme il l’a fait avec Mitterrand puis avec Jospin, le PCF veut recréer des illusions dans la gauche gouvernementale et refaire une virginité à des politiciens, qui pensent en bourgeois et sont attachés à l’ordre bourgeois.
Et Jean-Luc Mélenchon est aussi à ranger dans cette catégorie. Il prétend, comme tous les autres, avoir une politique pour la « France » en occultant le fait essentiel pour le monde du travail : la lutte de classe acharnée que mène le patronat pour faire reculer les salaires, les conditions de travail et aggraver l’exploitation.
Les travailleurs qui se battent au jour le jour pour leurs intérêts vitaux le savent : il n’y a pas d’entre deux. Le grand patronat mène ses attaques de façon impitoyable pour ses profits et sa rentabilité. Pour être du côté de la classe ouvrière, il faut être contre le grand capital. Il faut être résolu à combattre ses profits, il faut se préparer à lui faire la guerre.
Mélenchon est en guerre contre beaucoup de choses, contre les traités européens, contre la politique de l’Allemagne, contre les États-Unis, mais pas contre le grand patronat, pas contre son pouvoir sur l’économie, pas contre le système d’exploitation qui est à la base de la condition ouvrière.
Les politiciens qui ne s’engagent pas à faire payer la bourgeoisie et à s’appuyer sur les travailleurs mobilisés pour le faire se destinent à servir la bourgeoisie. C’est sur cette base que les travailleurs peuvent juger qui sont leurs amis et leurs faux-amis. Et c’est cette boussole de classe que le PCF s’acharne à casser.
Les perspectives politiques du PCF ne sont pas fondées sur les intérêts et les luttes du monde ouvrier. Elles sont fonction des alliances électoralistes censées préserver ses élus à l’Assemblée nationale ou dans les collectivités territoriales. Ce sont des calculs stériles, illusoires et démoralisants pour ses propres militants. C’est ce qui a affaibli le mouvement ouvrier et créé le désarroi politique que l’on connaît dans les classes populaires.
La campagne présidentielle à venir peut servir au combat des travailleurs si elle est l’occasion de faire avancer la conscience ouvrière. Cela commence par affirmer clairement les intérêts matériels et politiques des travailleurs. Par affirmer la nécessité de prendre sur les profits pour répartir le travail, augmenter les salaires et les petites retraites.
Il faut faire entendre le camp des travailleurs et lever le drapeau des luttes ouvrières. L’avenir de la société dépend de ce combat, car la société peut se passer de la bourgeoisie de plus en plus parasitaire, mais pas des travailleurs qui font tout tourner et produisent toutes les richesses.

lundi 12 septembre 2016

Candidature de Nathalie Arthaud : Réunion Débat Lutte Ouvrière Maisons-Alfort Samedi 17 Septembre 2016



Présidentielles 2017:
Nathalie Arthaud lors d'un banquet à Corbeil début Septembre

   Avec la mobilisation contre la loi El Khomri la classe ouvrière a commencé à relever la tête. 

   Il faut que les travailleurs se fassent entendre aussi sur le terrain politique, en affirmant leurs intérêts, à l’opposé de ceux du patronat. 

   C’est pour affirmer l’existence du camp des travailleurs que Nathalie Arthaud sera la candidate de Lutte ouvrière.

 

Réunion débat avec les militants locaux de Lutte Ouvrière Samedi 17 Septembre à 15H Stade Cubizolles 25 bis Avenue du Général de Gaulle Maisons-Alfort.

mardi 6 septembre 2016

Lutte ouvrière à la fête de l’Humanité



Lutte ouvrière tiendra un stand à la fête de l’Humanité. Situé avenue Louise Michel, on y trouvera une librairie proposant des ouvrages sur le mouvement ouvrier et les publications de Lutte ouvrière.

Des débats seront aussi organisés le vendredi à 19 heures, le samedi à 15 heures et à 20 heures, et le dimanche à 14 heures, sur les thèmes suivants :  
« Face à la déconfiture de Hollande et aux impasses des nouvelles alternatives à gauche, faire entendre les intérêts des exploités et renouer avec les idées du communisme révolutionnaire »
 et « Après les quatre mois de mobilisation du printemps contre la loi travail, donner une expression politique aux intérêts des travailleurs dans l’élection présidentielle ».


Logement: nouveau risque d'expulsion à Alfortville


    Aïda, une mère de famille d'Alfortville est menacée d'expulsion de son logement avec ses 2 enfants de 6 et 8 ans scolarisés à l'école Victor Hugo. En instance de divorce au terme d'une situation familiale compliquée qui s'est traduite par un non paiement de loyers par le père pendant une certaine période, un jugement d'expulsion a été prononcé.

  Or, étant actuellement en stage rémunéré elle peut maintenant payer un loyer et est en recherche de logement mais rien n'étant en vue elle peut se retrouver à la rue avec ses 2 enfants . Avec l'hébergement d'urgence du 115 ses enfants ne seront certainement plus à Alfortville avec des problèmes pour leur scolarité.
 

  Les parents d'élèves de Victor Hugo solidaires de cette famille ont envoyé des courriers à la mairie d'Alfortville et au préfet du Val de Marne pour les interpeller de cette situation dramatique . Mais à ce jour aucune réponse. A l'occasion de l'inauguration de la plage du Phare Dimanche 4 Septembre, des militants de Nuit Debout Alfortville ont aussi manifesté pour interpeller la municipalité (voir photo). L'union locale des écoles d'Alfortville (Uléa) a largement fait connaitre la situation de cette famille et appelle en urgence à la solidarité.
On peut les joindre sur leur page FB:
https://www.facebook.com/ULEAlfortville/posts/774373382702489

lundi 5 septembre 2016

Contre les fermetures de classes dans les écoles manifestation ce Lundi 5 à la Dasen de Créteil

Manifestation à la direction académique de Créteil ce Lundi 5 Septembre contre des fermetures de classes dans les écoles, qui se traduisent par des classes surchargées.

De nombreuses écoles du département (parents et enseignants) étaient présentes pendant que se tenait le comité technique et que des délégations étaient reçues.

La mobilisation a permis d'obtenir des résultats. Pour Alfortville l'Ulea annonce qu'une 4eme classe de maternelle doit être ouverte à Kergomard et une 9eme à la maternelle Dolet . Ce qui ferait passer sous le seuil de 27 élèves par classe.

mercredi 31 août 2016

Le PS roule à droite, et la droite double sur l'extrême droite

Editorial Lutte Ouvrière 30 Août
   
La rentrée a donné le coup d'envoi de la campagne présidentielle. À droite, tous les candidats se sont jetés dans l'arène de la primaire. Les sorties de Fillon contre les « mis en examen » et « ceux qui ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs » visent ouvertement Sarkozy et marquent le début du pugilat.

    Ils sont tous d'accord pour reculer encore l'âge de la retraite. D'accord pour considérer que les salariés ne travaillent pas assez et qu'il faut mettre fin aux 35 heures. D'accord pour dire que les fonctionnaires sont trop nombreux, et les chômeurs trop bien traités. D'accord pour baisser les impôts patronaux et faire reculer les services publics.
    Leurs différences sont purement tactiques. Juppé parie sur un rassemblement du centre et de la droite. Sarkozy, lui, veut exploiter la peur des attentats, les amalgames et les préjugés contre les musulmans et les immigrés en renchérissant dans les domaines sécuritaire et identitaire.
    Pour mieux flatter l'électorat qui lorgne vers le FN, Sarkozy a intégré dans son programme l'intégralité de celui de Le Pen. Il se positionne, entre autres, pour la suspension du regroupement familial, pour la remise en cause du droit du sol, pour l'interdiction du voile dans l'espace public, et même pour une loi contre le burkini. Comme si la lutte contre le terrorisme dépendait de l'interdiction de cette tenue de bain !
    Autant dire que les travailleurs n'ont rien de bon à attendre de cette primaire de droite. Il en sortira un candidat ouvertement anti-ouvrier et une atmosphère un peu plus empoisonnée par les préjugés contre les immigrés, les musulmans et les « assistés » que seraient les plus pauvres.
    Si Sarkozy ou Juppé peuvent nourrir l'espoir de revenir à l'Élysée malgré leur passif politique, on le doit à la politique de Hollande et au Parti socialiste. Les socialistes se disent choqués par la violence des programmes à droite. Mais la droite ne fait que reprendre le travail là où le laissent Hollande, Valls et Macron.
    Si les Sarkozy et Juppé peuvent parler de la retraite à 64 ou 65 ans, c'est que Hollande l'a laissée à 62 ans, malgré ses promesses. S'ils promettent de réduire de 100 milliards les dépenses publiques, c'est qu'Hollande a justifié 50 milliards de coupes. S'ils envisagent de faire sauter les 35 heures, c'est que les lois Macron et El Khomri ont fait sauter nombre de barrières.
    Quant à la surenchère anti-immigrés et anti-musulmans, Valls et son gouvernement y auront bien contribué, que ce soit avec la polémique sur la déchéance de nationalité ou celle sur le burkini.
    En 2012, Hollande a été élu sur la base du « tout sauf Sarkozy ». Aujourd'hui, Sarkozy et ses compères espèrent profiter du « tout sauf Hollande », quand le FN, lui, mise sur le « tout sauf Hollande et Sarkozy ». Mais la politique qu'ils mèneront en 2017 est celle que Sarkozy a menée de 2007 à 2012 et celle que Hollande a poursuivie depuis 2012.
 
   Alors, quel que soit celui qui sortira des urnes, les travailleurs devront continuer de se battre. S'y préparer, c'est continuer de faire de la politique comme les travailleurs en ont fait en s'opposant à la loi El Khomri et en affirmant leurs intérêts de classe contre le patronat.
    Les actions prévues le 15 septembre permettront d'affirmer que si la loi travail est passée au Parlement, elle n'est pas passée dans les têtes, et que son application sera combattue. Mais cette conscience de classe, la dignité et les intérêts des travailleurs peuvent et doivent aussi s'exprimer dans la campagne électorale.
    Rien n'oblige à entrer dans le jeu consistant à choisir celui qui nous portera les coups à partir de mai 2017. Contre des candidats anti-ouvriers, xénophobes ou chantres du nationalisme, les travailleurs peuvent exprimer leur colère et leurs intérêts vitaux. Ce sera le sens de la présence de Nathalie Arthaud dans cette élection.
  Ils mèneront, tous, la politique du patronat et des plus riches. Car tous -Front national, frondeurs du PS et Mélenchon compris- sont unanimes : il revient au grand patronat de gérer l'économie. Et la loi du profit et de la compétitivité comme l'exploitation seraient incontestables.
   Les responsables de droite en appellent à s'abstenir de toute attaque personnelle et demandent un débat d'idées. Mais cette primaire ne peut être qu'un combat de coqs puisque sur le fond, ils partagent les mêmes idées.

mardi 16 août 2016

Barbarie au quotidien, barbarie sociale

Editorial Lutte Ouvrière 15/08/2016

   Le rejet de la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage aurait pu passer pour un fait divers parmi bien d’autres si son affaire n’était pas devenue un symbole des violences conjugales. Et bien au-delà, un indice de la situation de la femme dans cette société.
   Jacqueline Sauvage, une femme de 68 ans aujourd’hui, a été condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari. Pendant quarante-sept ans de vie conjugale, elle a subi la violence de ce mari qui battait sa femme, ses enfants et violait ses filles. Jusqu’à ce jour de 10 septembre 2012 où elle prit un fusil, tira sur son mari et le tua.

   Alors qu’elle était victime d’un mari au comportement monstrueux, la Cour d’Assises la condamna sans même retenir la légitime défense. La Cour d’Appel confirma le jugement.
   Il n’est, bien sûr, pas facile de savoir au juste ce qui se passait dans l’intimité d’un couple et dans l’étroit cercle des relations familiales. Mais justement, le soutien des filles à leur mère et les témoignages des voisins et des proches ont fait sortir l’affaire de ce cercle étroit. Les témoignages ont tous attesté de la brutalité du mari et rendu indéniable le fait que Jacqueline Sauvage a été longtemps une victime avant que, poussée à bout, elle prenne un fusil.

   Des collectifs féministes ont vu un cas exemplaire dans celui de Jacqueline Sauvage. Au-delà de la brutalité pathologique du mari, ils ont mis en cause l’hypocrisie sociale qui entoure la violence dont sont victimes des milliers de femmes de la part de leur conjoint. Une hypocrisie dont les institutions juridiques sont les principaux vecteurs. Une hypocrisie destinée à dissimuler le fait que l’égalité proclamée entre hommes et femmes dans nos sociétés de pays riches qui se veulent civilisées est une fausse égalité.
   Une pétition pour demander la grâce de Jacqueline Sauvage recueillit 430 000 signatures.
   Hollande, seul habilité à accorder la grâce, a fini par réagir mais à sa façon, lâche même sur ce terrain sociétal. Il a pris une décision politique, pour ne pas dire purement électorale, en tentant de plaire à la fois aux milieux féministes qui voulaient au moins raccourcir la peine de Jacqueline Sauvage et aux milieux réactionnaires qui ne voulaient pas en entendre parler. Dans ces milieux, la famille est d’autant plus adulée qu’elle constitue une prison pour la femme, la justification de sa subordination à l’homme. Il faut que la femme reste à sa place, même dans une affaire aussi dramatique que celle d’une mère, soumise à torture pendant des décennies et qui n’a su se défendre qu’en tuant son mari.
   Hollande a accordé une grâce… mais partielle qui permet seulement de demander une libération conditionnelle plus tôt que prévue dans la loi. La responsabilité de la décision était ainsi renvoyée au juge d’application des peines. Celui-ci, s’appuyant sur une commission d’experts qui a émis un « avis défavorable », a donc décidé que Jacqueline Sauvage resterait en prison. Dans les attendus de cette décision, la condamnée se voit reprocher « sa part de responsabilité dans le fonctionnement pathologique de son couple » et, plus encore d’être responsable de « l’importante médiatisation de l’affaire ». Femmes battues, souffrez donc, mais acceptez en silence ce que la justice décide !
  La famille de Jacqueline Sauvage, une famille d’entrepreneur, n’est pas particulièrement défavorisée. Mais son affaire reflète d’autant plus la dégradation de la condition de la femme.

  Charles Fourier, un des premiers socialistes au temps lointain où ce mot avait un sens, affirmait en substance qu’on reconnaissait le degré de civilisation d’une société au degré d’émancipation des femmes. Les démêlés de Jacqueline Sauvage avec la justice témoignent du conservatisme social et du rôle de l’État pour le préserver. Ils témoignent que, dans le domaine des relations entre hommes et femmes comme dans bien d’autres, la société n’est pas sortie de la barbarie.
   Mais comment pourrait-il en être autrement ? Comment imaginer, dans quelque domaine que ce soit, des relations d’égalité entre êtres humains tant que perdure et s’approfondit l’inégalité fondamentale entre riches et pauvres, une minorité qui exploite la majorité qui travaille, et vit en parasite sur la société ? Les rapports sociaux du capitalisme pourrissent toutes les relations humaines.
Libérer la société des chaînes de l’exploitation est la condition nécessaire sinon suffisante pour mettre fin à toutes les formes d’oppression. C’est le préalable à l’émancipation de tout le genre humain.