jeudi 18 février 2016

Quand le Medef dicte au gouvernement la réécriture du code du travail

    Les détails du projet de loi réformant le Code travail sont révélés par la presse. Toutes les demandes du patronat sont exaucées.

Même le journal pro-patronal Les Échos constate que « les tabous de la gauche sont brisés » et interroge avec une naïveté feinte la ministre du Travail : « que vont gagner les salariés » ?

   
 Les 35 heures formellement maintenues, annualisées, seront tellement assouplies que le temps de travail explosera. Sa durée maximale pourra excéder 12 heures par jour et dépasser les 48 heures par semaine jusqu'à 60 heures.
   Le projet généralise les "accords", entreprise par entreprise, qui permettent de contourner l'opposition éventuelles de syndicats même majoritaires.
   Les licenciements économiques seront facilités et les indemnités accordées par les prud'hommes plafonnées et fortement réduites.

  Décidément, c’est la Saint-Valentin à la puissance 10 tous les jours pour les patrons. Jusqu’au moment où le monde du travail s’en mêlera et perturbera cette idylle entre Valls-Hollande et Gattaz et les siens.

mercredi 17 février 2016

Une économie délirante

Editorial Lutte Ouvrière 15/02/2016

   En titrant « Hollande : Monsieur Bricolage », le journal Le Parisien a dit l’essentiel du remaniement ministériel qui a fait entrer dans le gouvernement trois écologistes et recyclé Ayrault aux Affaires étrangères.
   Ce manège politicien, comme celui de la primaire à droite, amuse les médias, mais il est sans intérêt pour les travailleurs. Hollande a changé de marionnettes, pas de politique. Et sa politique, on la connaît pour la subir depuis près de quatre ans.
   Que ce soit le patronat, la droite ou le gouvernement prétendument socialiste, ils étaient tous d’accord : pour que l’économie reparte, il fallait réduire les dépenses publiques et les déficits. Pour que les entreprises rétablissent leurs marges, il fallait gagner en compétitivité, restructurer, licencier.
   Et cela a été fait. Au nom de cette satanée productivité, des centaines de milliers de femmes et d’hommes ont perdu leur travail. Des millions d’autres ont sacrifié leur salaire, leurs jours de RTT, leurs conditions de travail pour que l’entreprise grappille quelques centimes sur le concurrent.
   Quel que soit leur secteur, l’automobile, les transports, la banque, tous les salariés sont soumis à une discipline de fer. Et ils en produisent des richesses, ils en suent des profits et des milliards !
  Où conduit cette accumulation de bénéfices et de dividendes ? Y a-t-il eu les investissements promis ? L’avènement d’une nouvelle économie plus moderne, plus prospère ? Non.

    Le grand patronat l’avoue, les perspectives d’investissement sont toujours mauvaises parce que les carnets de commandes ne sont pas suffisamment remplis.
   Les milliards que les capitalistes extraient de la production et de l’exploitation des travailleurs ne leur suffisent pas. Il leur faut encore les placer, les faire fructifier, le plus possible et le plus vite possible. Et, dans ce contexte de crise, ce sont la finance et la spéculation qui offrent toujours les meilleurs débouchés.

    Autrement dit, plus les travailleurs triment et produisent des richesses, plus leurs conditions de travail et de vie se dégradent et plus la spéculation grandit ! Y a-t-il plus fou que cette économie ?
Aujourd’hui, tous les experts s’inquiètent d’un nouveau krach. Depuis le premier janvier, les Bourses mondiales ont perdu entre 10 et 15 %.
« Les marchés sont fébriles et les bourses nerveuses », nous dit-on. Que c’est joliment dit ! La réalité, c’est que la spéculation se poursuit à coups de milliards et que la crise de 2008 n’a rien changé au comportement avide et irresponsable du capital.
   Le parasitisme toujours plus grand de la bourgeoisie et les interventions des banques centrales, qui ont injecté plus de 6 000 milliards dans la finance, ont porté les bulles spéculatives et le danger de krach à un niveau inédit.
    Tout est objet de spéculation. Le moindre évènement, la moindre annonce, que ce soit le ralentissement de la croissance chinoise ou les aléas des élections américaines, tout peut provoquer le déplacement brutal de dizaines de milliards de capitaux. 
   On pourrait se dire que cela ne nous concerne pas et que les pertes toucheront les seuls spéculateurs. Au casino, comme au PMU, seuls ceux qui jouent risquent d’y perdre gros. Mais au casino capitaliste, les joueurs ne jouent pas qu’avec leur portefeuille personnel.
  Ils jouent avec les finances des entreprises et l’argent fait sur le dos des travailleurs. Ils jouent avec l’argent placé dans les banques, avec celui de l’assurance-vie. Ils jouent sur le cours des matières premières et des denrées alimentaires, sur les monnaies et les dettes des États.
   Un krach financier aura forcément de graves conséquences sur la production, sur la marche des usines et sur le chômage.
   Faut-il rappeler la catastrophe sociale engendrée par la crise de 2008 ? Faut-il rappeler les millions de chômeurs, l’effondrement brutal des salaires et de la protection sociale qu’elle a entraîné dans tous les pays ?
   Si l’éclatement d’une bulle spéculative affecte le système bancaire comme cela s’est produit en 2008, ce sera pire encore. Même s’ils s’agitent pour faire croire le contraire, les gouvernements ne maîtrisent rien. Au-dessus d’eux, ce sont les lois folles du profit et de la concurrence qui s’imposent.
   
   Cette économie, aussi injuste qu’irrationnelle, représente un gâchis sans nom. Imaginons ce qu’il aurait été possible de faire avec les 6 000 milliards donnés à la finance. Alors il ne faut pas accepter de se saigner pour un tel système. Il faut en changer du tout au tout. C’est notre peau qui est en cause.

mardi 16 février 2016

Photos supplémentaires de la soirée Lutte Ouvrière Maisons-Alfort 13 Février 2016

Après les interventions et débats politiques place au banquet, jeux et danses.




dimanche 14 février 2016

Quelques images du meeting de Nathalie Arthaud lors du banquet Lutte Ouvrière Maisons-Alfort le Samedi 13 Février 2016

Cette années encore une bonne soirée des amis de Lutte Ouvrière à la salle du Moulin brûlé.





jeudi 11 février 2016

Avant le remaniement comme après, un gouvernement de combat contre le monde du travail



Communiqué de Nathalie ARTHAUD
11/02/2016
 
   Beaucoup de bruit pour rien ! Hollande et Valls se vantent du « renouvellement » du gouvernement, mais en matière de renouvellement, ils n’ont rien trouvé de mieux que de recycler l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

   Quelques nouveaux noms n’y changeront évidemment rien – ce gouvernement restera fidèle à sa ligne : être aux ordres du Medef et du grand patronat. De la destruction programmée du Code du travail à la baisse annoncée des indemnités chômage, en passant par les milliards distribués à fonds perdu aux licencieurs, le gouvernement Valls 1, 2 ou 3 reste l’ennemi de tous les travailleurs. Ceux-ci n’auront d’autre choix que de le combattre pour mettre fin à la dégradation catastrophique de leurs conditions de vie et de travail.

mercredi 10 février 2016

Les états de service d’un général actif contre les migrants

  Le week-end dernier, quelques personnes ont été arrêtées à Calais, suite à une manifestation anti-migrante, à l’appel de Pegida, un mouvement islamophobe né en Allemagne. Mais ce qui a  retenu l’attention, c’est la présence et l’interpellation de l’ancien général « quatre étoiles » Piquemal. Des étoiles qui ne sont pas distribuées par le guide Michelin, mais par l’État français, pour « bons et loyaux services. »

   Cet ancien commandant de la Légion étrangère a commis ses basses œuvres en Bosnie ou encore au Tchad. Admirateur du général Bigeard, connu pour avoir justifié la torture pendant la guerre d’Algérie, catholique fervent, nostalgique du « temps béni des colonies », cela ne l’avait  pas empêché de participer au cabinet militaire de trois Premiers ministres socialistes.

   Une preuve que  ces gens d’extrême-droite qui se disent "antisystème" sont accueillis sans problème par ce système.

lundi 8 février 2016

Migrants : honte aux dirigeants européens !



Editorial Lutte Ouvrière 08/02/2016
   
   Alors qu’Alep est bombardée sans relâche depuis plus d’une semaine par l’armée de Bachar al-Assad et l’aviation russe, des dizaines de milliers de Syriens ont fui et sont bloqués à la frontière turque dans des conditions effroyables.

   Pour se dédouaner, les Européens exhortent la Turquie à ouvrir sa frontière. Il faut, bien sûr apporter une aide d’urgence à ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants à bout de force. Mais les dirigeants européens, qui donnent des leçons d’humanité à la terre entière, n’ont décidément aucune honte !

Alep après bombardements de 2013. Depuis ça n'a pas cessé !
   S’il y a, chaque semaine, des dizaines de noyés en Mer Egée, c’est parce qu’ils ont fermé les frontières de l’Europe. Au sein même du continent, ils ont encore érigé des murs et des barbelés. Si bien que ceux qui ont survécu à la traversée de la Méditerranée doivent encore prendre le risque de mourir écrasés, électrocutés ou épuisés avant de parvenir dans le pays où ils pensent avoir un avenir.
Face à la Turquie, les dirigeants de l’UE brandissent la Convention de Genève qui oblige à accueillir les réfugiés, mais, ils refusent de le faire eux-mêmes. Sans parler de l’Allemagne et la Suède qui ont adopté leur propre politique, les 26 autres pays de l’UE se sont péniblement mis d’accord pour relocaliser, comme ils disent, 160 000 migrants. A ce jour, ils n’en ont pas accueilli 1000, quand la Turquie compte 2,5 millions de réfugiés. 

   L’Union européenne a sous-traité la gestion des réfugiés à la Turquie et à la Grèce. En échange d’une aide financière, ces deux pays sont censés renforcer leurs contrôles aux frontières et faire le tri entre « vrais » et « faux » réfugiés, étant entendu qu’aux yeux des gouvernants, la misère et la famine ne font pas partie des persécutions.
   Exactement comme les villes riches payent des amendes plutôt que de construire leur quota de logements sociaux, l’UE paye la Grèce et la Turquie pour recevoir le moins de migrants possibles. Et, comme des migrants arrivent encore à passer entre les mailles du filet, voilà maintenant, qu’elle menace de couper les vivres à ces deux pays !


  C’est une politique abjecte, de bout en bout. Les dirigeants européens sont de ceux qui ont semé le chaos au Moyen-Orient. Pour préserver leurs intérêts dans la région, ils se sont alliés aux pires dictatures, ont armé telle bande contre telle autre, sans jamais se soucier des populations.
Et ils continuent, aujourd’hui, en rejetant les femmes et les hommes victimes de ces guerres, de l’oppression et de la misère qui en découle. Pire, ils les traitent comme des pestiférés. Car il n’y a pas d’autre mot !

   Cette semaine, un politicien belge a demandé aux habitants de Zeebruges de ne pas nourrir les migrants qui essayent de passer en Angleterre !
   En France, le moindre centre d’asile fait l’objet d’oppositions et de fantasmes. C’est d’autant plus révoltant que les demandeurs d’asile n’arrivent qu’au compte-gouttes et que le plus gros « problème » est posé par les 4 000 ou 5 000 migrants du camp de Calais, qui ne rêvent que de partir !
   Tout est fait pour tuer tout élan de solidarité. Tout est fait pour que l’on ne puisse pas s’identifier à ces femmes et ces hommes. On nous parle d’afflux massif ou de submersion, comme si un continent de 500 millions d’habitants ne pouvait pas venir en aide à deux ou trois millions de personnes.     Comme si avec de l’organisation et un peu de moyens, il n’était pas possible de leur donner refuge dans des conditions dignes !

   En France, du Front national au gouvernement PS, tous instrumentalisent les peurs et agitent la nécessité de se méfier des migrants, de sécuriser les frontières, de multiplier les contrôles. Ils se servent des migrants comme d’un chiffon rouge pour faire diversion et faire oublier les véritables responsables de la catastrophe du chômage, des inégalités et du recul de nos conditions de vie.

   Pour conserver le pouvoir, les dirigeants ont intérêt à ce que les travailleurs se divisent et s’opposent. Ils ont intérêt à ce que les pauvres s’en prennent à d’autres pauvres. Les migrants sont utilisés comme des boucs émissaires pour canaliser la colère des classes populaires.

   Ce qui dérangerait les possédants, c’est que les migrants et les travailleurs d’Europe s’entendent et se reconnaissent comme faisant partie de la même classe des exploités : des exploités confrontés aux bombes et acculés à la misère et à l’exode pour les migrants ; des exploités confrontés au chômage et à l’exploitation ici.

   Tous ces maux ont une source unique, la course au profit et la domination d’une minorité sur toute la société. Et c’est ensemble que nous pourrons la combattre.